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  • Lettres à T.

Tom Francson

Dernière mise à jour : janv. 17

J'ai besoin de te dire à voix haute tout le bon que ta rencontre a insufflé dans ma vie.

On s'est rencontrés alors que Papa, ma sœur et moi vivions dans une maison désordonnée et poussiéreuse, pour ne pas dire bordélique, à la limite de l'abandon.

Avec ma sœur, on se demandait qui pouvait bien s'intéresser à notre papa ? Qui voudrait se joindre à ces circonstances de quasi-précarité ?


C'est après plusieurs semaines d’ébats charnels et bruyants dont on a, à l'époque, beaucoup rit, que l'on t'a rencontrée. Haute comme trois pommes, souriante, avenante et curieuse. Je ne me doutais pas que cette rencontre allait changer nos vies.

Je découvrais un papa soigné, souriant, de bonne humeur qui semblait enfin... Se trouver ?


Au début j'étais apeuré car le père que je connaissais n'était plus le même, il était moins disponible. Alors l'enfant que j'étais, à l'époque, eu des appréhensions. Qu'adviendrait-il des deux petits misérables dans leur sofa souillé tantôt de crasses, tantôt de puces ?

Mais vous ne vous êtes pas arrêtés là : peu après j'emménageais chez toi dans une chambre avec ma propre salle de bain, et même une chambre d'amis. Je croyais rêver tellement je n'en revenais pas.

Cette sécurité et ce cadre ont été les premières bifurcations fondamentales du chemin que la vie m'avait réservé jusque-là.


Après m'avoir donné un toit solide, vous avez fait de moi un Toi solide, par l'exemple. Papa et toi c'est une relation amoureuse, bienveillante, souriante, d'entre-aide, de respect et d'amitié...avec pour quasi seules divergences les estimations, les nombres et le timing, Waouh.

L'ère de la marmotte c'est l'ère des vacances en famille, des fêtes qui nous réunissent et qui me remplissent de ce sentiment d'être entouré d'amour mais aussi de former une famille équilibrée dans un groupe bienveillant.

Les dimanches soirs ou les soirs de fête entourés de toi, papa, Florence, Zoé et bien sûr de Lio sont mes meilleurs souvenirs. La réjouissance que j'éprouvais à propos de ce qu'était devenu cette famille, de ce nouveau papa ou de ce que j'étais entraîné à devenir avait une source, et cette source, pas plus haute que trois pommes je veux la remercier aujourd'hui.


Tout d'abord, je voudrais te remercier pour ta joie de vivre et ton sourire, ils ont irradié 15 ans de ma vie et j'ai pu les voir refléter dans les yeux et sur le visage de tous les membres que comporte cette famille.

Je voudrais te remercier pour l'écoute bienveillante dont tu as fait preuve à tout moment, une discussion avec toi me rappelait comment retrouver pied lorsque je pensais couler dans un marécage.


Merci pour les moments partagés, pour l'attention, pour le regard que tu poses sur nous, pour tes cadeaux, pour tous ces cadeaux en fait.

Je voudrais remercier l'amie et la mère, l'être conscient et l'être inconscient, du point de vue du fond mais aussi de la forme, pour tout ce que tu as apporté à nos vies.

À propos de conscience, je voudrais graver quelques-unes de mes vérités dans la tienne.

Es-tu consciente qu'avant de m'aider à gérer mes émotions tu m'as permis d’en découvrir de nouvelles ?

Grâce à ta relation avec papa je me suis mis à remplacer le standard de l'amour chaotique et destructeur que j'avais eu en exemple et je me suis finalement mis à la recherche de quelque chose de tendre et plein d’amour... Aujourd'hui je pense sincèrement me diriger dans la bonne direction et avec la bonne personne, mais qu'aurais-je fait sans vous qui êtes mes exemples ?


Après la découverte de l’amour et le sentiment de sécurité dans notre foyer j’ai ressenti une immense fierté familiale, notamment grâce au faite que tu as mené une vie professionnelle remarquable, orientée vers ta passion et aux services des autres.

Lorsque je tendais les oreilles, tous ceux qui te connaissaient te considéraient comme brillante, comme papa lorsque j'écoutais ses collègues sur le chantier, ils ne cessaient de le vanter dans son dos.... C'est lorsque je t'ai vu intervenir à l'amphithéâtre de la Sorbonne à Paris que j'ai éprouvé quelque chose de neuf.

Un immense espoir, car une des nôtres était en fait quelqu'un, quelqu'un de bien et reconnue comme telle. Je décidais alors de cesser de croire en ces visions rabaissantes que la pauvreté m’avait collé jusque dans la peau. La pièce était tombée, je refuserai dès lors de me projeter uniquement dans un avenir médiocre, je commençais à croire que je pouvais partir en quête de mieux.

Cette rencontre a transformé le cours de ma vie en bien et j’ai besoin de te le dire, ou redire, autrement qu’avec les yeux ou qu’avec les accolades chaleureuses par lesquels nous avons parlé jusqu’à présent : J’ai énormément d’amour et de bienveillance a ton égard.


Tu es un tel rayon de soleil dans nos vies, ta rencontre me fait penser a celle du petit prince dans cet immense désert… et « puisque l’on s’est mutuellement apprivoisé, on risque de pleurer un peu. » C’est un adieu très difficile que l’on s’apprête tous à faire, retenons que cette marche dans le désert pour y trouver cette source de douceur et d’amour nous a tous remplis de bon moments, et tous ces moments sont remplis d’excellentes émotions. « Ce qui embelli le désert, c’est qu’il y a un puit caché quelque part » ou bien un petit prince, ou bien une petite source, haute comme trois pommes.

Alors même « si tu ne peux pas emporter plus loin ce corps là », même si « tu ressembles a une vieille écorce abandonnée », même si un jour « tu auras l’air d’être morte » on saura que ce n’est pas vrai, on saura que les vieilles écorces ce n’est pas triste car on sait aujourd’hui que l’on ne voit bien qu’avec le cœur et que l’essentiel est invisible pour les yeux.

Je suis heureux de te connaitre et je te serai toujours reconnaissant d’avoir accepté chacun de nous, de nous avoir aimés et guidés de manière si tendre et chaleureuse.

Je t’aime profondément,


Ton ami et fils

TOM





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